Varan
pottok
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L’auroch

L’aurochs[n 1] (ou auroch[1],[n 2]) est une espèce de bovidé, ancêtre des races actuelles de bovins domestiques et dont la descendance sauvage est désormais éteinte. Appartenant au genre Bos, son nom scientifique est Bos primigenius ou Bos taurus primigenius selon les auteurs. Il est également désigné parfois par les noms d’urus ou ure. Menacé par la chasse, les croisements (pollution génétique) et la domestication, la forme sauvage de l’aurochs n’existait plus qu’en Europe de l’Est à partir du XIIIe siècle, avant de s’éteindre dans la première moitié du XVIIe siècle (le dernier spécimen est mort en 1627 dans la forêt de Jaktorow en Pologne). Entre sa domestication et la disparition de sa forme sauvage, les croisements étaient réguliers en Europe[2], notamment par la capture d’aurochs femelles[3].

L’aurochs a fait en 1920 l’objet de tentatives de reconstitution par élevage sélectif de races bovines jugées primitives. Les frères Heinz et Lutz Heck créèrent une race s’en approchant appelée « aurochs de Heck », et officiellement nommée de nos jours en France « aurochs-reconstitués », que l’on peut observer aujourd’hui en Europe, comme dans la forêt de Rambouillet, en France.

Le mot est attesté en français pour la première fois en 1414 sous la forme ourofl au sens de « bœuf sauvage », puis en 1611 sous la forme aurox. Buffon, dans son Histoire naturelle (1763), l’appelle aurochs (forme apparue en 1752) et le distingue du Bison d’Europe Bos bonasus qu’il dénomme zoubre (du polonais żubr)[4]. Il s’agit d’un emprunt au germanique, plus précisément au moyen haut allemand urohse « aurochs » dans un premier temps, puis de nouveau à l’allemand moderne Auerochse dans un second temps[5],[6],[7]. Le terme allemand est issu du vieux haut allemand ûrohso, composé des éléments vieux haut allemands ûro « aurochs » et ohso « bœuf » (en allemand der Ochse, pluriel die Ochsen cf. anglais ox, pluriel oxen « bœuf(s) »). Il s’agit d’un composé explicatif, le sens du premier élément ūro étant devenu opaque. L’élément ûro, moyen allemand ûr(e), vieil anglais ūr, vieux norrois úrr signifie vraisemblablement à l’origine « celui qui répand sa semence humide », sur la base d’un vieux thème indo-européen *ūr désignant l’humidité et la pluie fine, que l’on retrouve dans le vieux norrois úr et le latin urina « urine »